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Une remarque sur le sacerdoce des femmes

Dans ces rapports plus ou moins conflictuels qui embarassent la moitié de l'humanité, à défaut de cette paix qui devrait l'embrasser, et en attendant cette guerre qui va l'embraser, il est loisible de vite distinguer une asymétrie certaine. Hommes et femmes, en effet, selon le triple témoignage de l'observation commune, de la sagesse populaire et des études scientifiques, n'ont pas les mêmes attentes les uns par rapport aux autres. Pour prendre une image condensant cette idée, les hommes auraient besoin des femmes à la façon d'oiseaux en recherche de quelque branche où se poser; l'analogie vaudrait pour les femmes, également, mais de façon inversée...

La Bible, document millénaire de sagesse humaine, sinon divine, précise ainsi: "là où il n'y a pas de femme, l'homme erre en se lamentant."(Si 36:30), sans que nulle part la réciproque soit clairement établie. Du reste, il s'agit moins d'une question de pure sentimentalité que d'une question de vocation et de réalisation, comme le contexte le laisse clairement entendre: "celui qui acquiert une femme a le principe de la fortune, une aide semblable à lui, une colonne d'appui. Faute de clôture, le domaine est livré au pillage."(Si 36:25).

Ce constat se retrouve, curieusement, comme naturellement inscrit dans la façon dont les hommes de l'Antiquité concevaient le sacerdoce. Un ouvrage certes vieilli, mais dont la lecture est toujours instructive, la Cité Antique de Fustel de Coulanges, fait cette intéressante remarque:

"La femme a des droits, car elle a sa place au foyer; c'est elle qui a la charge de veiller à ce qu'il ne s'éteigne pas. C'est elle surtout qui doit être attentive à ce qu'il reste pur; elle l'invoque, elle lui offre le sacrifice. Elle a donc aussi son sacerdoce. Là où elle n'est pas, le culte domestique est incomplet et insuffisant. C'est un grand malheur pour un Grec que d'avoir un 'foyer privé d'épouse'. Chez les Romains, la présence de la femme est si nécessaire dans le sacrifice, que le prêtre perd son sacerdoce en devenant veuf."(pp.107-108). 

Lorsqu'on parle du 'foyer', de 'dimension domestique' du sacerdoce féminin, il faut comprendre par là une réalité plus vaste que ce dont le monde moderne peut donner l'exemple. En premier lieu, la maison, l'oikos (d'où 'économie'), était véritablement une unité autonome avec ses champs, ses vergers, son personnel. La fonction de la femme était celle d'une "maîtresse de maison" au sens le plus large du terme, à l'homme la tâche de représentation au sein de la Cité. Ensuite, le 'foyer' était, littéralement, un domaine centré sur un feu sacré, symbole vivant de la divinité, qui devait être en permanence alimenté. Par là, les dieux, ou le plus souvent les ancêtres, accordaient grâces et bénédiction à la Maison tout entière.

Il est à remarquer, en outre, que, dans l'Antiquité, la royauté avait une dimension nettement sacerdotale: "la principale fonction d'un roi était donc d'accomplir les cérémonies religieuses. Un ancien roi de Sicyone fut déposé, parce que, sa main ayant été souillée par un meurtre, il n'était plus en était d'offrir les sacrifices. Ne pouvant plus être prêtre, il ne pouvait plus être roi."(Id., p.204). Peut-on en inférer que, par transitivité, le roi ne pouvait être roi sans une reine?

Malgré le caractère éminemment patriarcal de la cité antique, la femme avait donc son rôle à jouer, d'une façon qui peut encore nous inspirer aujourd'hui, à nous, les tard-venus, qui nous nous enorgueillissons volontiers de nos prétendues avancées sociales.


"Qui est celui-ci qui vient d'Edom, De Botsra, en vêtements rouges, En habits éclatants,

 Et se redressant avec fierté dans la plénitude de sa force?

-C'est moi qui ai promis le salut, Qui ai le pouvoir de délivrer. -

Pourquoi tes habits sont-ils rouges,

Et tes vêtements comme les vêtements de celui qui foule dans la cuve? -
 

J'ai été seul à fouler au pressoir,

Et nul homme d'entre les peuples n'était avec moi;

Je les ai foulés dans ma colère, Je les ai écrasés dans ma fureur;

Leur sang a jailli sur mes vêtements, Et j'ai souillé tous mes habits.
 

Car un jour de vengeance était dans mon coeur, Et l'année de mes rachetés est venue.
 

Je regardais, et personne pour m'aider; J'étais étonné, et personne pour me soutenir;

Alors mon bras m'a été en aide, Et ma fureur m'a servi d'appui.
 

J'ai foulé des peuples dans ma colère, Je les ai rendus ivres dans ma fureur,

Et j'ai répandu leur sang sur la terre."(Isaïe 36,1-5)

 

 

 


 


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